Mot de la présidente

SORO NOUGNON ANGE ROSALIE YEO
MAGISTRAT HORS HIERARCHIE,
PRESIDENT DU TRIBUNAL
Selon l’écrivain américain John Grisha, « Notre justice est le reflet de la société. Elle n’est pas toujours juste. C’est une équité pervertie, comme peut l’être l’âme humaine »

C’est justement parce que la justice est un phénomène social, qu’au regard de son niveau de développement et de ses ambitions, la Côte d’Ivoire, indépendante depuis le 07 août 1960, devait adapter son système judiciaire et changer de paradigme, dans le règlement de certains litiges, notamment, ceux dits commerciaux, qui rythment le monde des affaires ; un monde avec ses propres acteurs et ses règles, qui ne perdent jamais de vue, que le temps, c’est l’argent, traduction littérale de l’aphorisme anglais, « Time is money».
L’avènement du Tribunal de commerce d’Abidjan participe de cette idée.
En effet, même si certains observateurs affirment de façon triviale et réductrice, que le Tribunal de Commerce d’Abidjan a été créé pour désengorger les juridictions de droit commun, force est de reconnaître, que sa véritable mission, est de favoriser la célérité dans la résolution des litiges commerciaux, d’une part, et d’autre part, d’assainir l’environnement des affaires, en offrant une sécurité juridique et judiciaire, critère déterminant, pour attirer les investisseurs.


Le Tribunal de Commerce d’Abidjan est le fruit d’une synergie agissante entre les bailleurs de fonds, notamment, la Banque Mondiale, et l’Etat ivoirien, qui l’a porté sur les fonds baptismaux par la décision N°01 PR du 11 janvier 2012 portant création, organisation et fonctionnement des tribunaux de commerce et le décret 2012-628 du 06 juillet 2012, qui ont sécrété la loi N°2014-424 du 14 juillet 2014, elle-même, modifiée par la loi N°2016-1110 du 08 décembre 2016.

En seulement dix années d’existence, cette juridiction spécialisée est devenue une véritable institution du macrocosme judiciaire ivoirien, jouissant d’une bonne réputation, exaltée par :
  • la conscience professionnelle de ses animateurs, juges professionnels, juges consulaires, greffiers, personnel administratif et technique,
  • le volume et la qualité des affaires traitées et publiées sur un site dédié.
S’inscrivant dans l’ère du temps, elle a amorcé et poursuit la dématérialisation des procédures, pour la satisfaction des justiciables de plus en plus exigeants.

Cette exigence légitime fait mesurer l’immensité des défis qui restent à relever.

Nul doute, qu’avec le concours de l’Etat, des partenaires au développement, des auxiliaires de justice et des acteurs du monde des affaires, le Tribunal de Commerce d’Abidjan écrira encore, des pages glorieuses de notre Justice et de notre Société.

Et alors, on pourra écrire sur le fronton de son édifice altier, construit sur une terre véritablement consacrée, « Ici, est rendue une justice des Hommes, dite par des Hommes, pour les Hommes ».

Bref, une Justice ayant pour Sujet et Objet, l’Homme, avec grand H.